Le fonds Lucien Bonaparte

Fonds Lucien BonaparteLes enfants de Michel Wittock sont, par leur mère, descendants en ligne directe de Lucien Bonaparte. Ceci explique que la Wittockiana conserve quelques reliques familiales dont un important fonds d’archives et de documentation concernant le frère de l’empereur Napoléon et sa famille. Dans la salle du conseil de la Wittockiana, on peut admirer, trônant au milieu d’une bibliothèque remplie de livres de diverses époques, le majestueux buste de Lucien Bonaparte, prince de Canino et de Musignano.

La pièce majeure de cette bibliothèque est incontestablement représentée par l’imposante série des 33 volumes formant la célèbre Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, Par une Société de Gens de Lettres (Paris, 1751-1777). Sous la direction de Diderot et d’Alembert, plus de deux cents auteurs connus et experts ont collaboré à cette vaste entreprise, « l’une des plus ambitieuses qu’ait tentées l’édition française sous l’Ancien Régime ». Ces précieux volumes en veau moucheté, dont la majeure partie porte sur les plats des reliures l’emblème doré de l’ordre des avocats de Rennes et au premier contreplat l’ex-libris gravé du prince Gabrielli, gendre du prince de Canino, ont fait probablement l’objet d’une saisie par Lucien à l’époque où ce dernier était Ministre de l’Intérieur.

Un autre bel ensemble digne d’être mentionné est la Correspondance de Napoléon Ier, publiée par ordre de l’empereur Napoléon III (Paris, Imprimerie impériale, 1858-1869). Cette édition, imprimée ici sur grand papier, comprend trente-deux volumes; elle a été tirée pour l’empereur et ne se trouve pas dans le commerce. Il s’agit de l’exemplaire offert par Napoléon III à son cousin le prince Gabrielli.

Les archives du fonds Lucien Bonaparte consistent essentiellement dans les Mémoires autographes, rédigés sur plusieurs cahiers manuscrits, de la main de la princesse Julie Bonaparte qui tenait un salon littéraire à Paris sous le Second Empire. Aussi intéressants qu’inédits, ils sont accompagnés d’une douzaine d’albums de photos de famille datant de la fin de la première moitié du XIXe siècle.