Journée d’étude

a minima. Livres blancs, livres vides, livres de peu

Jeudi 24 septembre, 14:00 – 18:00

Dans le cadre de l’exposition a minima, la Wittockiana organise une après-midi d’étude consacrée aux multiples enjeux des livres blancs, vides ou presque, ou encore livres de peu. Si ces ouvrages semblent d’abord défier les attentes du lecteur par la raréfaction des signes, ils invitent en réalité à repenser les conditions mêmes de la lecture, de la création et de la circulation du livre.

 

Les interventions réunies pour cette journée proposent des approches complémentaires, allant de l’analyse théorique à la pratique artistique, afin d’explorer les différentes formes de sens que peut produire le vide.

 

La première intervention, Véronique Jago-Antoine (Apparaître, disparaître, transparaître : (auto-)portraits par le vide), montrera comment certains livres apparemment silencieux laissent pourtant émerger des figures, des portraits ou des autoportraits en creux. À partir notamment des réflexions de Georges Didi-Huberman sur l’acte de voir, elle interrogera la manière dont le vide devient un espace de projection, de mémoire et de présence.

Poursuivant cette réflexion sur les modalités de lecture, Gabriele Čepulytė (Un livre en puissance : entre vide et fragment) envisagera le livre blanc comme un objet paradoxal, oscillant entre totalité et fragment. En s’appuyant notamment sur Maurice Blanchot, elle analysera la tension entre le blanc, les rares éléments qui l’interrompent et les attentes que le livre suscite, faisant du vide un puissant opérateur heuristique.

La communication de Didier Decoux (Chômage politique – la 18e vitrine) déplacera ensuite le regard vers la dimension critique et politique de ces pratiques. En revenant sur les choix curatoriaux de l’exposition, il s’interrogera sur la portée subversive de l’économie de moyens et imaginera, sous la forme d’une « dix-huitième vitrine », un nouvel ensemble d’œuvres consacré à ce qu’il nomme le chômage politique.

Avec Michel Delville (Le livre effacé), la réflexion s’ouvrira sur les pratiques d’effacement dans la littérature et le livre d’artiste. Son intervention mettra en perspective les différentes formes de disparition du texte et leurs implications poétiques, tout en situant ces démarches dans un dialogue plus large entre littérature, arts visuels et création contemporaine.

Enfin, Eric Watier (En faire le moins possible) proposera une intervention prenant la forme d’une activation de sa pratique artistique. Plutôt qu’une communication illustrée, il fera circuler parmi les participants une sélection de ses livres, choisis en résonance avec les œuvres présentées dans l’exposition. Cette approche privilégiera l’expérience directe de l’objet-livre et du geste éditorial, prolongeant dans le faire les questions soulevées tout au long de l’après-midi. Une édition réalisée spécialement pour cette occasion pourrait également être mise à la disposition des participants.

En réunissant des regards issus de l’histoire de l’art, de la littérature, de la philosophie, de la théorie du livre, du commissariat d’exposition et de la pratique artistique, cette journée entend montrer que le vide n’est jamais une absence de sens, mais un espace où se reconfigurent sans cesse les possibilités de voir, de lire, de questionner, d’effacer et de faire.

Les interventions seront modérées par Sofiane Laghouati, conservateur, chercheur qualifié et responsable de l’Atelier du Livre au Musée royal de Mariemont, professeur à l’UCLouvain.

Entrée gratuite, réservation souhaitée.

Programme :

14:00 : Apparaître, disparaître, transparaître : (auto-)portraits par le vide

Véronique Jago-Antoine, AML, comité scientifique de l’exposition

14:30 : Un livre en puissance : entre vide et fragment

Gabriele Čepulytė, graphiste, chercheuse indépendante et docteur en Esthétique

15:00 : Chômage politique – la 18e vitrine

Didier Decoux, artiste, éditeur, professeur et commissaire de l’exposition

 

15:30 : pause

 

16:00 : Le livre effacé

Michel Delville, professeur à l’ULiège et directeur du Centre interdisciplinaire de Poétique appliquée

16:30 : En faire le moins possible

Eric Watier, artiste du livre et professeur à l’ENSAM (Montpellier)

17:00 : conclusions et échanges

 

17:30 : visite de l’exposition suivie d’un drink

Journée d’étude a minima